l’ile sacree de Delos

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l’ile sacree de Delos2018-09-11T17:49:40+00:00

RENCONTRER L’ILE SACREE DE DELOS

GUIDE HISTORIQUE ET ARCHEOLOGIQUE DE DELOS

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La petite et l’humble Délos a choisi pour naitre le site du dieu de la lumière, Phébus Apollon. Il semblerait qu’elle ait  fait le bon choix, puisqu’on ne trouve nulle part ailleurs une telle luminosité dans le ciel qui s’étend sur le paysage de granit  de l’île et cet étrange calme qui émane des cieux de Délos. Un rocher de Granit au milieu de la mer, c’est Délos, autour les îles éparpillées du centre de l’Egée, les Cyclades, qui semble définir  la région en un point d’exclamation circulaire de mille cent cinquante mètres et l’île sacrée aride.  Ses petites dimensions (longue de 6 km et large de moins de 1500 mètres) son sol sec et rocailleux à eux seuls n’auraient pas suffi  à justifier le sort que l’histoire leurs a réservé,  mais la protection  d’un dieu suffirait à l’expliquer. Ses dimensions limitées, ses signes de reconnaissance sont : son mont Kithnos, un tas de granit d’une hauteur de 112 mètres, sa rivière Inopos, un ruisseau qui jaillit du versant du mont  Kithnos pour finir dans la mer Skardana après un voyage de 1200 mètres, un lac sacré, un étang enchanté de forme circulaire et de minces palmiers qui gardent la mémoire de la nativité.

LE CONTEXTE MYTHOLOGIQUE ET HISTORIQUE

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Selon la mythologie Léto aurait été séduite par Zeus, Héra, épouse farouchement jalouse de Zeus, apprenant la grossesse de Léto menace de représailles sévères toute cité qui recevrait Léto pour l’accouchement, la malchanceuse Léto, erre désespérément demandant un lieu  pour mettre au monde son enfant et celui de Zeus. Craignant la vengeance d’Héra, les îles et les villes refusent de lui prêter abri, seule Délos ose défier la colère d’Héra, permettant ainsi à Léto d’y trouver refuge. Les problèmes de cette dernière ne vont pourtant pas se résoudre si facilement. Les dieux de l’Olympe se rendent sur l’île pour assister à la merveilleuse naissance, mais,  Léto souffrira encore 9 nuit avant qu’Ilithia, déesse des naissances retenue prisonnière par la colère d’Héra  et Iris, déesse de la Lumière lui viennent  en aide. Enfin,  Léto mettra  au monde Apollon dieu de la beauté et Artémis, déesse de la chasse. Avec la naissance d’Apollon l’île brille d’or, les déesses sont éblouies, le site fleurit. Le chant des cygnes se déverse sur le petit lac. Cet ainsi que le chante Homère vers la fin du 8ème siècle av J .C. , un hymne à la naissance du dieu.

Astéria, sœur pétrifiée de Léto, pataugeant dans les vagues, ne pouvant marcher devint Delos, elle pateauge maintenant aux pieds des colonnes robustes au fond de la mer. Nombreux sont les mythes en rapport à cette île. Les cariens mentionnés comme premiers habitants de Délos ont un lien avec l’historien Thucydide (1,8), « les morts avec leurs armes qui ont été trouvé dans les tombes lors de la purification ». Les reliques archéologiques montrent  que la vie sur l’île est déjà présente au 3ème siècle av J.C.  Il semblerait que des fondations de huttes circulaires qui ont été trouvées au sommet de Kithnos,  appartiennent à cette époque .  La position clé de l’île n’est pas restée inconnue aux marins de la Crète minoenne, comme le suggère la légende du roi Anios, et d’autres mythes encore.

La civilisation mycénienne (1580 – 1200 av J.C.),  est  représentée par une assemblée solennelle qui a lieu près du port. Tout près,  des vestiges  de la même période  ont été trouvés. Aux environs de 1100 av J.C. , après la chute du monde mycénien, un  autre peuple, les ioniens se répand progressivement sur les îles du centre de l’Egée. A Délos une première phase de la  nouvelle époque, la protogéométrique, peu représentée, contrairement à la période suivante, la géométrique, époque au développement rapide, comme le montre les nombreuses poteries de la seconde moitié du 8ème siècle av J.C. A la fin de cette période, autour de 700 av J.C., le sanctuaire dédié à Apollon, centre religieux des ioniens,  ils s’y rendent pour honorer la mémoire du dieu et y pratiquer de grandes fêtes ou chant, danses, hymnes et sacrifices sont  à l’honneur.

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Le développement et la popularité du temple est l’origine d’une noble émulation entre les cités ioniennes. Les monuments qui regorgent à la fin du 7ème siècle av J.C. sont le témoignage de leur avance sur leur voisine Naxos, puis après le milieu du 6ème siècle av J.C. Paros semble prendre la première place. Les villes ioniennes montrent un intérêt pour Délos. Aux environs de 530 av J.C, Le tyran de Samos, Polycrate offre à Délos, l’île de Rhénée, sa voisine la liant ainsi à l’île sacrée par une impressionnante chaine (Thucydide.III, 104).

L’asservissement des ioniens par les perses permet à Athènes de prétendre à l’exclusivité des échanges à Délos, incluant  bien sûr les anciens lieux mythiques. Léto regagne sa région d’avant la naissance de son fils, alors que Thésée revenant victorieux de son combat contre le minotaure en Crète, danse avec ses compagnons autour de l’autel, danse depuis lors  célèbre. Par ailleurs, le célèbre roi d’Athènes Erysichton, fait bâtir des temples et offre des statues en hommage à Apollon. L’intérêt porté par le roi, à l’île fait partie du programme maritime s’appliquant à la période de Solon.

Après l’oracle Pisistrate, organise la purification des tombes anciennes de l’île, (540 av J.C.) (Thucydide. III, 104, Hérodote. I, 64) puisque le dieu de la lumière hait la mort, les morts sont une souillure pour l’île. Pour la même raison Epiménide avait fait le même nettoyage.

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Les guerres perses et la victoire des grecs donnent naissance à la création de  l’alliance de Délos, afin de protéger les villes contre les attaques futures. Le président de la ligue choisit Délos. Les responsables athéniens doivent gérer les trésors du temple de dieu et des maisons. Avec le temps est conduite par l’hégémonie athénienne et les fonds sont déplacés à l’acropole d’Athènes (454 av J .C.). Le conseil des amphictyons gère l’administration de l’île sacrée de Délos. Les autorités athéniennes seront entrainées plus tard à des changements radicaux. L’épidémie qui a éclaté durant la guerre du Péloponnèse fut attribuée à la colère d’apollon,  l’opportunité pour un nouveau nettoyage radical (426 av J.C.) Désormais toutes les tombes sont enterrées, à l’exception de celle jugées trop anciennes. Tous les os et pierres précieuses sont déménagés sur l’île voisine, Rhénée, et sont regroupés dans une grande fosse rectangulaire, connue des experts pour être une fosse de purification. Dorénavant les inhumations sont interdites à Délos, mais également les accouchements qui « infectent » l’île, Thucydide (III, 104).

Cette décision va peser lourd sur les habitants de l’île puisqu’ils ne peuvent ni mettre au monde des enfants, ni mourir sur cette île, comment la considérer comme leur patrie.  Ainsi, les athéniens ne rencontreront  aucune résistance lors de l’expulsion de toute la population locale (Thucydide, 1) (422 av J.C.). Seuls quelques-uns reviendront sur l’île après l’oracle de Delphes.

Avec la purification une nouvelle période commence pour l’île. Parallèlement aux anciennes fêtes de nouvelles sont établies qui ont lieu tous les cinq ans. Les athéniens organisent des processions avec des navires sacrés, ils empêchent même la peine de mort, comme nous le relate le philosophe Socrate. Délos ne sera soulagée de la tutelle athénienne, qu’à l’arrivée de Philippe et Alexandre de macédoine. Durant cette période (314-166 av J.C.) l’île aura plus de liberté et connaîtra un essor économique rapide. Les responsables locaux gèrent eux-mêmes l’économie de l’île. Des plaques gravées qui ont été sauvées laissent de précieuses informations pour l’époque.

L’instabilité politique, les jeux interminables du successeur d’Alexandre, les changements fréquents, n’ont pas entaché les monuments de l’île. Dans la seconde moitié du 3ème siècle Délos est devenue  un grand centre commercial, cet essor se poursuit dans le courant du 2ème siècle av J.C. et amène sur l’île des commerçants de l’est et de l’ouest. De nombreux peuples, romains, syriens, palestiniens,  s’installent sur l’île et profite de l’économie et de la vie riche de l’île. Mais durant ce temps l’intérêt des athéniens pour ce lieu est toujours présent.  L’île leur est accordée à nouveau par les romains en 166 av J.C. , après la défaite du roi de macédoine contre les perses et la neutralisation finale des forces de l’armée de macédoine. Les anciens habitants de Délos exilés en Achaïe, les colons athéniens s’installent alors sur l’île. Les romains proclame Délos un port libre avec condition l’évolution de l’île ; notamment après la catastrophe de Corinthe (146 av J.C.) le plus important port commercial de l’Egée. L’ancien caractère religieux de l’île s’estompe derrière les paillettes du succès économique.

Les colons athéniens et commerçants étrangers, armateurs, courtiers, banquiers, détaillants donnent un aspect cosmopolite, sans précédent dans la Grèce. Aux environs de 100 av J.C. la ville arrive à son apogée le nombre de ses habitant est de 25.000. Les athéniens sont évincés par les romains et les orientaux tant d’un point de vue des habitudes, des religions et du commerce. Cet essor pourtant aura une fin dramatique. Le déclin commence en 88 av J.C. : le roi Mithridate, en guerre contre Rome, fait une incursion éclair sur Délos, décime la population et détruit tout sur son passage.

Les pèlerinages disparaissent progressivement et les pirates rendent les routes commerciales peu sûres. L’île devient chrétienne au 4ème siècle mais est abandonnée au 7ème siècle.

En 1329 s’installent sur l’île quelques grecs venant d’Epire ou des chevaliers venant de Malte et pendant l’occupation turque l’île devint un refuge pour les pirates qui pillent le site. Au 12ème siècle le géographe arabe Edrisi surnomma l’île Atàiïo, signifiant tranquille, sans âmes, mais possédant un port. En 1445, la visite de l’île se fait plus fréquente,  des archéologues européens nous donnent d’intéressantes informations sur les ruines.

En 1873, les fouilles menées par l’école archéologique de France démarrent et se poursuivent de nos jours, révélant une grande partie des richesses et  la grandeur de l’île. Les temples, les ports, les marchés, les quartiers et imposantes demeures avec patios et terrasses, avec mosaïques et peintures. Le visiteur qui se promènera le long des ruelles, des places de cette ville unique, aura le sentiment qu’elle a été abandonnée depuis peu par ses habitants, laissant derrière eux leurs espoirs et leurs rêves.